Mercredi Photographique #64⎮24 juin 2026

De 18h00 à 21h30 à la Maison Bourbon, 79 rue Bourbon, 33300 Bordeaux
Visite des expositions en compagnie des photographes à 18h30

L’ÉTÉ S’RA CHAUD⎮Dorothée Machabert

L’été s’ra chaud est une série photographique réalisée dans des territoires déjà touchés par le dérèglement climatique : lieux brûlés, inondés, fragilisés ou menacés de disparition. Pourtant, les usages demeurent inchangés : on s’y baigne, on s’y repose, on y joue, comme si rien ne se passait.
La série explore cette dissonance entre des paysages marqués par la catastrophe et la persistance des comportements quotidiens. Ce qui devrait alerter devient décor, absorbé par l’habitude.
À la frontière du documentaire et de la photographie d’art, le projet évite le spectaculaire pour observer un déni discret et ordinaire. Il interroge notre capacité collective à continuer « comme avant » alors même que les paysages se transforment et disparaissent.

© Dorothée Machabert


SOLASTALGIA⎮Maya Paules

Pendant le confinement de 2020, vécue seule avec mes deux fils, un sentiment d’urgence s’est imposé. J’ai vu les lieux sacrés de mon enfance être transformés et détruits : une route traversant la forêt de mon père, un pont monumental sur les berges du Gave où j’ai grandi.
À travers mes enfants, j’ai voulu raviver la mémoire de ces lieux et d’un temps révolu, celui de l’enfance, où la magie subsiste encore : arbres-refuges, eau, pierres, chenilles ou crapauds deviennent les protagonistes d’histoires fabuleuses.
Solastalgia évoque ce monde préservé des « bruits de la terreur » et tente de conjurer l’effondrement écologique à venir. La solastalgie désigne une détresse liée aux bouleversements environnementaux.

© Maya Paules

CE QUI RESTERA⎮Carole Cettolin

Je n’ai pas toujours été une artiste engagée. Longtemps centré sur l’intime, mon travail a évolué face à l’urgence écologique, jusqu’à faire de l’engagement une part essentielle de ma pratique.
La série « Ce qu’il en restera » aborde la pollution océanique à travers des images à double lecture. De loin, elles évoquent des méduses flottant dans un bleu profond ; de près apparaissent des déchets plastiques formant un piège invisible. Beauté et menace se confondent, révélant l’ambiguïté de notre rapport au vivant.
La méduse, fragile et fascinante, devient le symbole de cette tension. Inspirée du cyanotype, la série joue sur le bleu et le blanc pour transformer l’océan en espace de contemplation et de prise de conscience.

© Carole Cettolin


LE ROCHER AUX HIRONDELLES⎮Christian Lafosse

Ici, les vivants se souviennent des morts et les morts continuent de vivre.
Ce village où j’ai grandi m’est devenu étranger depuis mon départ puis mon retour. Depuis 2021, je mène un travail photographique pour me réapproprier ce territoire, son histoire et ma mémoire. J’y retrouve l’isolement laissé derrière moi : beaucoup sont partis, tandis que d’autres viennent s’y retirer, fuyant la ville ou par nécessité économique.

À Monségur, bastide fondée au XIIIe siècle en Entre-deux-Mers, l’histoire du déracinement et du repeuplement se répète. « Le Rocher aux Hirondelles » évoque ce lieu traversé par les départs et les retours. À travers 20 photographies argentiques réalisées en Nouvelle-Aquitaine, je propose un portrait sensible d’un territoire entre intimité, mémoire et exode rural.

© Christian Lafosse

WAHAJIRINA⎮Ania Gruca

Dans la nuit du 11 au 12 janvier 1964, à Zanzibar, une insurrection renverse le sultan un mois après l’indépendance. La révolution vise particulièrement les familles d’origine arabe et indienne, faisant plusieurs milliers de morts. Les années suivantes sont marquées par la répression : arrestations arbitraires, torture, menaces et confiscations traumatisent durablement la population. Considéré comme une révolution ou un coup d’État selon les points de vue, cet événement continue de façonner l’identité de Zanzibar. Cette enquête photographique donne la parole aux mémoires non officielles : exilé·e·s, familles persécutées, témoins directs et descendants racontent les répercussions intimes et souvent tues de cette histoire.

© Ania Gruca

Horaires :
mercredi 24 juin 2026
18h-21h30, entrée libre aux expositions
18h30 Visite des expositions en compagnie des photographes

Accès :
Cdanslaboite – Pôle Image/Maison Bourbon
79 rue Bourbon, 33300 bordeaux
Tram B Les Hangars ou La Cité du Vin