Les Mercredis Photographiques #43 – Édition spéciale Photo Format

Observer, fureter, écouter, surprendre…
Walker Evans

La photographie de rue est née avec la photographie, les premières images de l’histoire sont tournées vers la rue et c’est dans le foisonnement de la vie urbaine que beaucoup ont cherché la poésie ou l’insolite en observant des gens ordinaires et des situations du quotidien.
Cette pratique conserve une qualité suprême, l’honnêteté de la représentation de la vie telle qu’elle a été surprise, avec toutes les réserves habituelles sur le concept d’image bien entendu.

Dans notre contexte ultra-médiatisé la pratique de la street photographie est aussi une manière de comprendre notre monde complexe et d’en dresser un portrait personnel. Les multiples approches que nous présentons ici et qui s’attachent à un même territoire en sont une démonstration.
En opposition avec les images retouchées ou composées sur ordinateur, des séries mises en scènes, la vitalité de la rue offre bien souvent des situations bien plus étranges et plus belles.
Tout est là, il n’y qu’a se servir…
Souvent nourris des images des maitres en la matière mais pas nécessairement, les photographes bordelais abordent les thématiques classiques : reflets, marcheurs, portraits grand angle, matière et géométrie, image dans l’image…

Benoit Cary

©Benoit Cary

Benoit Cary approche la rue à travers les matières et les traces de la vie humaine qui s’y accumulent.
benoitcary.fr

Mathieu Coquerelle

©Mathieu Coquerelle

Mathieu Coquerelle présente une série d’espaces architecturaux
aux compositions rigoureuses et couleurs magnétiques, des constructions urbaines quotidiennes transformées par l’imaginaire en décors futuristes.
mathieucoquerelle.fr

Marie Fontecave

©Marie Fontecave

« Ce qui m’attire dans la photo de rue, ce sont ces gens qui la peuplent, avec leurs attitudes parfois surprenantes mais toujours humaines. »
mariefontecave.com

Jean-Michel Dauba

©J. M. Dauba

Jean-Michel Dauba explore la ville et les interactions entre les images omniprésentes (publicités, street art, pictogrammes, tatouages…) et la rue ou les passants.
jean-micheldauba.wixsite.com

Géraldine Gilleron

©Géraldine Gileron

Géraldine Gilleron s’intéresse aux clients des bars qu’elle fréquente et cible une certaine solitude au travers d’images noir et blanc simples et sensibles.

Gilbert Jaksic

©Gilbert Jaksic – Reflets

Gilbert Jaksic présente une série de reflets ou se mélangent l’architecture urbaine et les ombres humaines. Cette approche de la ville maintient une certaine distance et timidité par rapport au sujet mais le restitue dans la monumentalité de l’espace.
gilbertjaksic.com

Jean-Michel Le Blanc

©Jean-Michel Le Blanc

Jean-Michel Le Blanc nous fait une proposition qui peut surprendre par sa mise en forme mais c’est à coup sûr l’essence de la rue, des scènes qui se déroulent au sens cinématographique, dont il faut anticiper le début et la fin et en photographier la séquence. Les mosaïques insistent sur l’effet de foule et de multitude et les saynètes nous renvoient à des moments où nous nous reconnaissons.

Elie Monferier

©Elie Monferier

Elie Monferier, fidèle à son style, est dans la proximité directe avec son sujet. Portraits bruts accentués par le flash, il nous décrit une jeunesse de la nuit avec ses dérives et sa spontanéité.
« La nuit, j’ai braqué l’appareil sur ma génération, la génération Y, à coups de flash et de cuites. J’y ai rencontré une énergie farouche et une jeunesse impétueuse, éprise d’ivresse et déterminée à jouir jusqu’à l’oubli. Nous avons parlé d’amour, de la chaleur d’une étreinte et du couple moderne si difficile à construire. Du désir à la désillusion, voici le portrait de jeunes adultes dérivant dans la nuit, à la recherche du bonheur d’un soir, se heurtant à l’inanité du sens que la société propose et consommant d’une même manière sentiments, alcools et corps. »
eliemonferier.com

Bruno Tourtoy

©Bruno Tourtoy

Bruno Tourtoy soumet un témoignage urbain s’appuyant sur des individualités, captées à distance et bien intégrées dans un paysage urbain identifiable. Chaque image nous raconte une tranche de vie émouvante, humoristique ou poétique.
streetphotographie.fr

Les Mercredis Photos #43 – Édition spéciale Photo Format
Mercredi 26 juin 2019 de 18h30 à 22h30
SupdePub Bordeaux – Quai des Marques, Hangar 18 à Bordeaux (entrée côté rue)
Entrée libre
ⓉTRAM B : Arrêt Les Hangars
http://cdanslaboite.com/

Les Mercredis Photographiques #42 – 29 mai 2019

Mercredi Photographique de CdanslaBoite expositions photographiques à Sup de Pub Bordeaux

organisés par Cdanslaboite
de 18h00 à 22H30
Entrée libre

École Sup de Pub Bordeaux
Hangar 18 – Quai de Bacalan
33300 Bordeaux (entrée côté rue)

Ka Bell / Evanescence

©Ka Bell – Evanescence

Dans un univers parallèle parsemé de silhouettes fugitives comme pour signifier l’éphémère de l’existence, se dessine l’âme éblouissante d’oniriques horizons.

Du mystère naît la lumière. Vibre alors un souvenir où l’imaginaire se promène jusqu’à absoudre le bruit de la vie.

Le regard peut s’y perdre, mais par ces fenêtres entrouvertes, les images distillent une puissante douceur qui dissipe les doutes, nous conduisant à franchir la frontière de « l’Évanescence ».
C’est ici que s’écrit la poésie.

S’ouvre dès lors la porte sur d’autres labyrinthes, plus personnels et intimes.

Avènement de l’instant
Le mouvement dans lequel s’érige
Et se défait l’être total
Conscience et mains pour saisir le temps
Je suis une histoire
Une mémoire qui s’invente
Je ne suis jamais seul
Je te parle toujours, Tu me parles toujours

Octavio Paz
(Versant Est)

www.ka-bell.com/

Laurence Escorneboueu – Gena

©Laurence Escorneboueu – Gena

C’est en 2014 dans un club de boxe que Laurence Escorneboueu rencontre Gena, une ukrainienne ayant quitté son pays natal six ans plus tôt.
Elle commence à la photographier en octobre 2016, lorsque la préfecture refuse à la jeune femme le renouvellement de ses papiers, lui enjoignant de quitter le territoire français.

Dans cette série de portraits de femme, la douceur et la retenue se mêlent à la ténacité et à la violence. Celle venue de l’extérieur, que figurent les coups que reçoit Gena sur son corps de guerrière, et le combat intérieur qu’elle livre, contrainte par une entité invisible dans un espace physique et temporel d’où elle tente de s’extraire.

Laurence Escorneboueu suggère un dialogue intime avec cette personnalité iconique par le jeu subtil d’allers retours entre le registre de l’observation, grâce auquel l’artiste se fait oublier, et celui de la complicité qui lui permet une grande proximité avec son sujet.

Dans ces photographies très construites, prises dans des univers banals, le choix des couleurs et la sobriété des effets libèrent les images de tout artifice, permettant une proposition au service de la présence centrale d’un seul et même modèle dont Laurence Escorneboueu a su renforcer l’aura.

laurenceescorneboueu.com/

Lou Chaussalet – « …While i kiss the sky »

©Lou Chaussalet – « …While i kiss the sky »

Le titre « Scuse me, while i kiss the sky » de Jimmi Hendrix s’inspire, non pas de l’expérience des drogues, comme on l’a souvent pensé, mais par un rêve qu’il avait fait où il marchait sous la mer. « C’était en rapport avec une histoire que j’avais lu dans un magazine de science fiction, raconte Hendrix ( une nouvelle de Philip José Farmer écrite en 1957, Night of Light day of dreams, publiée en 66), et où il est question d’une planète appelé Danse Joy où le ciel devient parfois violet la nuit et le ciel mauve le jour »
Un ciel mauve…, ou orange, ou fuchsia ?

Nul besoin de rêver à une planète fictive, ici et chaque jour, la lumière peint sur la toile permanente au dessus de nos têtes. Ce spectacle, sans cesse renouvelé, essentialise un paradoxe, pour l’artiste comme pour le tout à chacun : Il est en effet à la fois parfaitement banal -littéralement ordinaire- et en même temps inédit, d’une beauté inépuisable, source d’émotions et d’inspiration – littéralement extraordinaire-.

Plus encore, on sait que notre capacité à nous émouvoir des métamorphoses du ciel, de son répertoire de couleurs, de formes, de textures, de même que leurs réflections, a façonné, depuis la nuit des temps, notre rapport au monde, notre imaginaire. Autrement dit, notre conscience. Cette émotion esthétique, existentielle, métaphysique participe de ce qui nous distingue et nous caractérise en tant qu’espèce.

Dans une actualité scandée par l’accélération, la dématérialisation et la catastrophe écologique, tandis que nous baissons désormais plus souvent les yeux sur nos écrans que nous ne les levons au ciel ou les portons alentours, ramener notre attention et notre capacité d’émerveillement à ce continuum fondateur est davantage qu’une expression artistique, c’est aussi un acte militant.

« Et c’était vraiment comme ça quand vous avez pris la photo, me demande t-on souvent? » – Oui .
Je n’utilise pas de filtres, pas d’artifices. Dans la prise de vue ou au travers les réglages de développement (réglages basiques de contraste, saturation, colorimétrie) je cherche justement à être au plus près de ce que j’ai vu.
Prenez seulement le temps de regarder, ça se passe pour de vrai, ici et maintenant.

http://www.louchaussalet.com/

Maurice Coussirat – « EX-SITU ou Une Petite Histoire des Arts »

©Maurice Coussirat – « EX-SITU ou Une Petite Histoire des Arts »

La série comporte actuellement 19 images qui sont les photographies d’oeuvres que j’ai réalisées dans le cadre de résidences, en France ou à l’étranger (Espagne, Estonie, Ecosse).
Certaines réalisations ont nécessité jusqu’à plusieurs années, d’autres se sont concrétisées dans une quasi immédiateté.

À la réflexion, je ne suis pas certain que ce que je viens de vous dire soit tout à fait exact.
Peut-être s’agit-il d’une fiction d’artiste ?
Peut-être s’agit-il d’un regard sur le paysage sous influence de l’Histoire des Arts, ou bien d’un voyage à rebours de la démarche du land-art ?
Je vous laisse juge de ma possible confusion bien que…:

« Toute photographie est une fiction qui se prétend véritable »

Fontcuberta, Le baiser de Judas – Photographies et vérité, Arles Actes Sud 2005

Vit et travaille à Bègles, après trente ans d’enseignement de la photographie et du cinéma du réel en école d’art.

www.coussirat.net/

Vincent Monthier – Latences

©Vincent Monthier – Latences

Vit et travaille à Bordeaux. Sa photographie interroge la notion de paysage. Ses travaux s’attachent à explorer les limites de territoires infimes, en y capturant des rencontres, des dialogues improbables. En laissant des traces d’incertitudes, il nous propose des sentiers à parcourir.
Après l’attrait de la matière argentique, il s’immerge dans les pigments de l’impression jet d’encre. Avec cette nouvelle palette il effleure alors de légers glissements de lumières.
Dans la série « Latences », présentée, la clarté des cieux se glisse sous les frondaisons pour nous faire goûter à un nuage de soupe primitive. De ces lumières émergent, comme dans une photosynthèse, de fugaces nuances.

http://vincent-monthiers.fr/

INFOS

Les mercredis photographiques #42
29 mai 2019 de 18h00 à 22h30
Sup De Pub – Quai des Marques, Hangar 18 à Bordeaux (entrée côté rue)
Entrée libre
ⓉTRAM B : Arrêt Les Hangars

Comme à chaque édition, une buvette payante est à disposition, prévoyez de la monnaie.

Organisé par l’Asso Cdanslaboite
Vous pourrez, si vous le souhaitez, commencer ou renouveler votre adhésion à l’association.
http:// www.cdanslaboite.com
www.facebook.com/LesMercredisPhotographiques

Les Mercredis Photographiques #41 – 31 octobre 2018

Mercredi Photographique de CdanslaBoite expositions photographiques à Sup de Pub Bordeauxorganisés par Cdanslaboite
de 18h00 à 22H30
Entrée libre

École Sup de Pub Bordeaux

Quai des Marques – Hangar 18
33300 Bordeaux (entrée côté rue)

 

Voici déjà venue la dernière édition 2018 de votre rendez-vous Les mercredis photographiques.
Pour terminer cette saison en beauté, nous vous proposons de découvrir les travaux de :

 

Valérie Six / Shades of thoughts

©Valérie Six – Shades of thoughts

Les photographies de rue de Valérie Six sont empreintes d’une atmosphère singulière. Dans Shades of Thoughts, une série poétique où l’urbain est sublimé, la photographe française joue avec l’ombre et les contrastes (…).
Imaginées comme des saynètes théâtrales, ses images urbaines, insolites et mystérieuses, appellent la narration.
Graphiques, ses photographies sont portées par des contrastes saisissants. Les expressions des hommes, les couleurs des vêtements sont sublimées par des clairs-obscurs tranchés. Un procédé populaire du 17e siècle qui laissait deviner, dans la peinture, le fil du récit dans une scène de vie, en illuminant certains détails. « Les jeux d’ombres et lumières permettent une certaine simplification visuelle, une volonté d’essentialisation que j’affectionne, qui me vient de mon intérêt pour les formes épurées et de mon attrait pour la peinture flamande », précise la photographe.
Mais cette obscurité est également symbolique d’un passé douloureux pour l’artiste, pour qui l’ombre était alors synonyme de refuge. La lumière, elle, s’impose comme une présence bienveillante dans les clichés sombres (…).
Symboliques, les photographies de Shades of Thoughts transforment l’urbain, et enchantent des scènes du quotidien.
Une vision romancée de la ville, transcendée par l’obscurité.

Texte de Lou Tsatsas (journaliste pour le magazine Fisheye)
www.valeriesix.com


Philippe Fatin / Photographies

©Philippe Fatin

“Depuis de nombreuses années, je désirais me rendre au Myanmar. Suite à quelques rencontres et lectures je mettais mon projet à exécution. C’est en 1996, année du tourisme au Myanmar, que je débarquais dans la capitale, depuis la Chine où je vivais alors.
Welcome to the golden land annonçait une pancarte à la sortie de l’aéroport.

Quatre semaines de visa, pour une mise en bouche. Mon premier contact avec la capitale fut le parvis de la pagode Shedagon, un des trois sites de pèlerinage les plus sacrés du pays. J’y passais mes journées à flâner sur son marbre blanc, observant la foule de dévots que transportait le bouddhisme Theravada. Au gré de mes voyages successifs, je continuais cette quête vers d’autres lieux sacrés, m’attelant à saisir ces moments d’intimité qu’établit le fidèle avec son univers intérieur. Les Birmans suivent toujours la voie des ancêtres, celle qui ritualise le quotidien. Pas une journée ne serait commencée sans satisfaire les dieux d’une prière, d’une offrande, d’un bâtonnet d’encens ou d’un coup de gong.

Chaque maison, jardin, bus, bateau, temple accueille son lot de divinités nichées dans un autel. Des parvis de temple, je me transbordais sur les ponts des bateaux. Descendre le fleuve Irrawady, la Chidwin, la Salouen, la Kaladan était pour moi un autre centre d’observation en milieu plus intime. La lenteur des bateaux, le soleil écrasant de la journée offraient cette nonchalance dont on s’accommode comme d’une nouvelle peau. Pour mon travail photographique, ces lieux sont de bon augure. L’espace vital crée le lien, on partage la nourriture, on plaisante, on s’adopte. Une des caractéristiques qui marque quand je photographie, c’est ce regard droit et profond face à l’objectif. Un regard empreint de sérénité.

Les photos présentées ici ont été réalisées de 1996 à 2014, effectuant plus de soixante voyages, toutes au Leica M6, film argentique TMAX Kodak.

Durant ces dix neuf années, peu de changements, une nouvelle capitale, une autoroute pour s’y rendre, une révolution des moines, un cyclone qui a dévasté le delta.
À l’orée de 2015, les rêves d’une démocratie donnent une lueur d’espoir pour le peuple Birman. Une étape majeure vers la réconciliation.”


Bruno Falibois / Chronophages

©Bruno Falibois – Chronophages

Cette série tente de s’inscrire dans le dépassement du « ça a été » de Roland Barthes. Permettre au regardeur de saisir une épaisseur de temps, l’aboutissement d’un processus qui, au delà de l’instant, révèle des couches de mémoires. Les histoires émergent des traces humaines emmêlées et de l’érosion, elles dialoguent avec la peinture dans le temps long du peintre. A la manière d’un plan séquence interminable, elles nous rappellent le temps à l’œuvre. Écrire des poèmes avec le travail du temps.


Stephan Thiéblemont / « TAHITI PAS CHER“

©Stephan Thiéblemont – « TAHITI PAS CHER“

J’ai découvert la Polynésie à 13 ans et depuis le Pacifique sud fait partie de ma vie.
En juin 2018, je réalisais un travail photographique dans l’archipel des Tuamotu et, de retour sur l’île de Tahiti, j’ai eu envie de faire une pause pour raconter, au gré de quelques images simples, la vie « pas cher », si éloignée des catalogues touristiques « chics », que vivent les Polynésiens aujourd’hui.
Pourtant, comme chaque soir depuis des temps immémoriaux, Moorea, l’île en face de Tahiti, se pare de couleurs hallucinées et la vie ici, malgré sa dureté, reste empreinte d’une poésie aux parfums de tiaré délicieusement nostalgiques.


Jean Grelet / Tendres dimanches. (Projection)

©Jean Grelet – Tendres dimanches.

Un duvet de fleur s’éparpille, virevolte aux quatre vents, se pose en douce… fraîche buée, neuve rosée sur l’herbe du matin… Dimanches, moments-papillons… baisers volés à la dureté du monde.
Le linceul du vacarme s’efface devant la rumeur du silence… On se permet des gestes étranges : se mettre à genoux, joindre les mains… et, pour ceux qui n’ont pas d’église, esquisser un sourire de bien-être, écouter sourdre au fond de soi une prière muette à la beauté du monde en ce jour retrouvée, en ce jour à nouveau flagrante.
Les dimanches sont un reposoir sur la route de la procession, ils nous ménagent dans la pesanteur du quotidien une parenthèse d’éternité. Ils sont un pied-de-nez à l’horloge qui corsète nos journées : loin de nous le labeur, la fatigue, les querelles, les tâches obligées, l’espace étriqué qui nous est toujours si chichement mesuré. L’air du grand large fait irruption dans la chambre confinée. On se donne le droit de s’agrandir le cœur, de se dénuder une épaule au soleil, de s’asseoir, nonchalant, à la margelle du bassin, de feuilleter un livre… On se débride, on se déboutonne… fini le monde convenable, convenu… on envoie valser les règles de la bonne tenue réglementaire, on quitte le maillot, on tombe les bretelles, on s’offre torse nu à l’immensité du fleuve, on fait copain/copain avec la nature, avec la plage, avec les tours des cités, jusque là si agressives. On n’a plus peur de ces masses qui vous surplombent et vous font vous sentir, en semaine, si insignifiant. Rien ne vous écrase, le monde n’est plus cette machine infernale prête à vous broyer. La ville vous appartient, le plus humble mortel est un dieu – le roi du monde, le seigneur du dimanche.
Dimanches de l’abandon, de la tendresse des corps qui se retrouvent.. Le temps, désormais complice, essaime ses brins de bonheur, ses plaisirs furtifs, ses gros câlins. Et l’on regarde les adolescents désœuvrés baguenauder le long des rues, étirer leur corps délié. Il flotte dans l’air un parfum de jouvence, de fête foraine et de manèges, de pomme d’amour et de barbe à papa : le dimanche a la saveur sucrée de notre jeunesse.
Bien sûr, on n’est pas toujours visité par la grâce… on connaît aussi l’ennui, la lourdeur des choses, on ne sait comment combler le vide de ces loisirs inopinés, et ces vacances, qui vous tombent sur les bras et dont on ne sait que faire, vous renvoient à votre solitude. Il ne reste plus alors qu’à espérer que ce calvaire cesse et que, pour reprendre la chanson de Charles Trenet, au plus vite vienne, vienne la semaine / car la rue est toujours pleine / de lumières et de bruits… (Henri Zalamansky)


Mercredi Photographique #41 – 31 octobre 2018
de 18h00 à 22h30

École Sup de Pub Bordeaux – Hangar 18 – Quai des Marques
(entrée côté rue)

Entrée libre

Organisé par Cdanslaboite
En partenariat avec l’École Sup de Pub – INSEEC Communication

Vous pourrez, si vous le souhaitez, commencer ou renouveler votre adhésion à l’association.
www.cdanslaboite.com
www.facebook.com/LesMercredisPhotographiques