Les Mercredis Photographiques #41 – 31 octobre 2018

Mercredi Photographique de CdanslaBoite expositions photographiques à Sup de Pub Bordeauxorganisés par Cdanslaboite
de 18h00 à 22H30
Entrée libre

École Sup de Pub Bordeaux

Quai des Marques – Hangar 18
33300 Bordeaux (entrée côté rue)

 

Voici déjà venue la dernière édition 2018 de votre rendez-vous Les mercredis photographiques.
Pour terminer cette saison en beauté, nous vous proposons de découvrir les travaux de :

 

Valérie Six / Shades of thoughts

©Valérie Six – Shades of thoughts

Les photographies de rue de Valérie Six sont empreintes d’une atmosphère singulière. Dans Shades of Thoughts, une série poétique où l’urbain est sublimé, la photographe française joue avec l’ombre et les contrastes (…).
Imaginées comme des saynètes théâtrales, ses images urbaines, insolites et mystérieuses, appellent la narration.
Graphiques, ses photographies sont portées par des contrastes saisissants. Les expressions des hommes, les couleurs des vêtements sont sublimées par des clairs-obscurs tranchés. Un procédé populaire du 17e siècle qui laissait deviner, dans la peinture, le fil du récit dans une scène de vie, en illuminant certains détails. « Les jeux d’ombres et lumières permettent une certaine simplification visuelle, une volonté d’essentialisation que j’affectionne, qui me vient de mon intérêt pour les formes épurées et de mon attrait pour la peinture flamande », précise la photographe.
Mais cette obscurité est également symbolique d’un passé douloureux pour l’artiste, pour qui l’ombre était alors synonyme de refuge. La lumière, elle, s’impose comme une présence bienveillante dans les clichés sombres (…).
Symboliques, les photographies de Shades of Thoughts transforment l’urbain, et enchantent des scènes du quotidien.
Une vision romancée de la ville, transcendée par l’obscurité.

Texte de Lou Tsatsas (journaliste pour le magazine Fisheye)
www.valeriesix.com


Philippe Fatin / Photographies

©Philippe Fatin

“Depuis de nombreuses années, je désirais me rendre au Myanmar. Suite à quelques rencontres et lectures je mettais mon projet à exécution. C’est en 1996, année du tourisme au Myanmar, que je débarquais dans la capitale, depuis la Chine où je vivais alors.
Welcome to the golden land annonçait une pancarte à la sortie de l’aéroport.

Quatre semaines de visa, pour une mise en bouche. Mon premier contact avec la capitale fut le parvis de la pagode Shedagon, un des trois sites de pèlerinage les plus sacrés du pays. J’y passais mes journées à flâner sur son marbre blanc, observant la foule de dévots que transportait le bouddhisme Theravada. Au gré de mes voyages successifs, je continuais cette quête vers d’autres lieux sacrés, m’attelant à saisir ces moments d’intimité qu’établit le fidèle avec son univers intérieur. Les Birmans suivent toujours la voie des ancêtres, celle qui ritualise le quotidien. Pas une journée ne serait commencée sans satisfaire les dieux d’une prière, d’une offrande, d’un bâtonnet d’encens ou d’un coup de gong.

Chaque maison, jardin, bus, bateau, temple accueille son lot de divinités nichées dans un autel. Des parvis de temple, je me transbordais sur les ponts des bateaux. Descendre le fleuve Irrawady, la Chidwin, la Salouen, la Kaladan était pour moi un autre centre d’observation en milieu plus intime. La lenteur des bateaux, le soleil écrasant de la journée offraient cette nonchalance dont on s’accommode comme d’une nouvelle peau. Pour mon travail photographique, ces lieux sont de bon augure. L’espace vital crée le lien, on partage la nourriture, on plaisante, on s’adopte. Une des caractéristiques qui marque quand je photographie, c’est ce regard droit et profond face à l’objectif. Un regard empreint de sérénité.

Les photos présentées ici ont été réalisées de 1996 à 2014, effectuant plus de soixante voyages, toutes au Leica M6, film argentique TMAX Kodak.

Durant ces dix neuf années, peu de changements, une nouvelle capitale, une autoroute pour s’y rendre, une révolution des moines, un cyclone qui a dévasté le delta.
À l’orée de 2015, les rêves d’une démocratie donnent une lueur d’espoir pour le peuple Birman. Une étape majeure vers la réconciliation.”


Bruno Falibois / Chronophages

©Bruno Falibois – Chronophages

Cette série tente de s’inscrire dans le dépassement du « ça a été » de Roland Barthes. Permettre au regardeur de saisir une épaisseur de temps, l’aboutissement d’un processus qui, au delà de l’instant, révèle des couches de mémoires. Les histoires émergent des traces humaines emmêlées et de l’érosion, elles dialoguent avec la peinture dans le temps long du peintre. A la manière d’un plan séquence interminable, elles nous rappellent le temps à l’œuvre. Écrire des poèmes avec le travail du temps.


Stephan Thiéblemont / « TAHITI PAS CHER“

©Stephan Thiéblemont – « TAHITI PAS CHER“

J’ai découvert la Polynésie à 13 ans et depuis le Pacifique sud fait partie de ma vie.
En juin 2018, je réalisais un travail photographique dans l’archipel des Tuamotu et, de retour sur l’île de Tahiti, j’ai eu envie de faire une pause pour raconter, au gré de quelques images simples, la vie « pas cher », si éloignée des catalogues touristiques « chics », que vivent les Polynésiens aujourd’hui.
Pourtant, comme chaque soir depuis des temps immémoriaux, Moorea, l’île en face de Tahiti, se pare de couleurs hallucinées et la vie ici, malgré sa dureté, reste empreinte d’une poésie aux parfums de tiaré délicieusement nostalgiques.


Jean Grelet / Tendres dimanches. (Projection)

©Jean Grelet – Tendres dimanches.

Un duvet de fleur s’éparpille, virevolte aux quatre vents, se pose en douce… fraîche buée, neuve rosée sur l’herbe du matin… Dimanches, moments-papillons… baisers volés à la dureté du monde.
Le linceul du vacarme s’efface devant la rumeur du silence… On se permet des gestes étranges : se mettre à genoux, joindre les mains… et, pour ceux qui n’ont pas d’église, esquisser un sourire de bien-être, écouter sourdre au fond de soi une prière muette à la beauté du monde en ce jour retrouvée, en ce jour à nouveau flagrante.
Les dimanches sont un reposoir sur la route de la procession, ils nous ménagent dans la pesanteur du quotidien une parenthèse d’éternité. Ils sont un pied-de-nez à l’horloge qui corsète nos journées : loin de nous le labeur, la fatigue, les querelles, les tâches obligées, l’espace étriqué qui nous est toujours si chichement mesuré. L’air du grand large fait irruption dans la chambre confinée. On se donne le droit de s’agrandir le cœur, de se dénuder une épaule au soleil, de s’asseoir, nonchalant, à la margelle du bassin, de feuilleter un livre… On se débride, on se déboutonne… fini le monde convenable, convenu… on envoie valser les règles de la bonne tenue réglementaire, on quitte le maillot, on tombe les bretelles, on s’offre torse nu à l’immensité du fleuve, on fait copain/copain avec la nature, avec la plage, avec les tours des cités, jusque là si agressives. On n’a plus peur de ces masses qui vous surplombent et vous font vous sentir, en semaine, si insignifiant. Rien ne vous écrase, le monde n’est plus cette machine infernale prête à vous broyer. La ville vous appartient, le plus humble mortel est un dieu – le roi du monde, le seigneur du dimanche.
Dimanches de l’abandon, de la tendresse des corps qui se retrouvent.. Le temps, désormais complice, essaime ses brins de bonheur, ses plaisirs furtifs, ses gros câlins. Et l’on regarde les adolescents désœuvrés baguenauder le long des rues, étirer leur corps délié. Il flotte dans l’air un parfum de jouvence, de fête foraine et de manèges, de pomme d’amour et de barbe à papa : le dimanche a la saveur sucrée de notre jeunesse.
Bien sûr, on n’est pas toujours visité par la grâce… on connaît aussi l’ennui, la lourdeur des choses, on ne sait comment combler le vide de ces loisirs inopinés, et ces vacances, qui vous tombent sur les bras et dont on ne sait que faire, vous renvoient à votre solitude. Il ne reste plus alors qu’à espérer que ce calvaire cesse et que, pour reprendre la chanson de Charles Trenet, au plus vite vienne, vienne la semaine / car la rue est toujours pleine / de lumières et de bruits… (Henri Zalamansky)


Mercredi Photographique #41 – 31 octobre 2018
de 18h00 à 22h30

École Sup de Pub Bordeaux – Hangar 18 – Quai des Marques
(entrée côté rue)

Entrée libre

Organisé par Cdanslaboite
En partenariat avec l’École Sup de Pub – INSEEC Communication

Vous pourrez, si vous le souhaitez, commencer ou renouveler votre adhésion à l’association.
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