Les Mercredis Photographiques #42 – 29 mai 2019

Mercredi Photographique de CdanslaBoite expositions photographiques à Sup de Pub Bordeaux

organisés par Cdanslaboite
de 18h00 à 22H30
Entrée libre

École Sup de Pub Bordeaux
Hangar 18 – Quai de Bacalan
33300 Bordeaux (entrée côté rue)

Ka Bell / Evanescence

©Ka Bell – Evanescence

Dans un univers parallèle parsemé de silhouettes fugitives comme pour signifier l’éphémère de l’existence, se dessine l’âme éblouissante d’oniriques horizons.

Du mystère naît la lumière. Vibre alors un souvenir où l’imaginaire se promène jusqu’à absoudre le bruit de la vie.

Le regard peut s’y perdre, mais par ces fenêtres entrouvertes, les images distillent une puissante douceur qui dissipe les doutes, nous conduisant à franchir la frontière de « l’Évanescence ».
C’est ici que s’écrit la poésie.

S’ouvre dès lors la porte sur d’autres labyrinthes, plus personnels et intimes.

Avènement de l’instant
Le mouvement dans lequel s’érige
Et se défait l’être total
Conscience et mains pour saisir le temps
Je suis une histoire
Une mémoire qui s’invente
Je ne suis jamais seul
Je te parle toujours, Tu me parles toujours

Octavio Paz
(Versant Est)

www.ka-bell.com/

Laurence Escorneboueu – Gena

©Laurence Escorneboueu – Gena

C’est en 2014 dans un club de boxe que Laurence Escorneboueu rencontre Gena, une ukrainienne ayant quitté son pays natal six ans plus tôt.
Elle commence à la photographier en octobre 2016, lorsque la préfecture refuse à la jeune femme le renouvellement de ses papiers, lui enjoignant de quitter le territoire français.

Dans cette série de portraits de femme, la douceur et la retenue se mêlent à la ténacité et à la violence. Celle venue de l’extérieur, que figurent les coups que reçoit Gena sur son corps de guerrière, et le combat intérieur qu’elle livre, contrainte par une entité invisible dans un espace physique et temporel d’où elle tente de s’extraire.

Laurence Escorneboueu suggère un dialogue intime avec cette personnalité iconique par le jeu subtil d’allers retours entre le registre de l’observation, grâce auquel l’artiste se fait oublier, et celui de la complicité qui lui permet une grande proximité avec son sujet.

Dans ces photographies très construites, prises dans des univers banals, le choix des couleurs et la sobriété des effets libèrent les images de tout artifice, permettant une proposition au service de la présence centrale d’un seul et même modèle dont Laurence Escorneboueu a su renforcer l’aura.

laurenceescorneboueu.com/

Lou Chaussalet – « …While i kiss the sky »

©Lou Chaussalet – « …While i kiss the sky »

Le titre « Scuse me, while i kiss the sky » de Jimmi Hendrix s’inspire, non pas de l’expérience des drogues, comme on l’a souvent pensé, mais par un rêve qu’il avait fait où il marchait sous la mer. « C’était en rapport avec une histoire que j’avais lu dans un magazine de science fiction, raconte Hendrix ( une nouvelle de Philip José Farmer écrite en 1957, Night of Light day of dreams, publiée en 66), et où il est question d’une planète appelé Danse Joy où le ciel devient parfois violet la nuit et le ciel mauve le jour »
Un ciel mauve…, ou orange, ou fuchsia ?

Nul besoin de rêver à une planète fictive, ici et chaque jour, la lumière peint sur la toile permanente au dessus de nos têtes. Ce spectacle, sans cesse renouvelé, essentialise un paradoxe, pour l’artiste comme pour le tout à chacun : Il est en effet à la fois parfaitement banal -littéralement ordinaire- et en même temps inédit, d’une beauté inépuisable, source d’émotions et d’inspiration – littéralement extraordinaire-.

Plus encore, on sait que notre capacité à nous émouvoir des métamorphoses du ciel, de son répertoire de couleurs, de formes, de textures, de même que leurs réflections, a façonné, depuis la nuit des temps, notre rapport au monde, notre imaginaire. Autrement dit, notre conscience. Cette émotion esthétique, existentielle, métaphysique participe de ce qui nous distingue et nous caractérise en tant qu’espèce.

Dans une actualité scandée par l’accélération, la dématérialisation et la catastrophe écologique, tandis que nous baissons désormais plus souvent les yeux sur nos écrans que nous ne les levons au ciel ou les portons alentours, ramener notre attention et notre capacité d’émerveillement à ce continuum fondateur est davantage qu’une expression artistique, c’est aussi un acte militant.

« Et c’était vraiment comme ça quand vous avez pris la photo, me demande t-on souvent? » – Oui .
Je n’utilise pas de filtres, pas d’artifices. Dans la prise de vue ou au travers les réglages de développement (réglages basiques de contraste, saturation, colorimétrie) je cherche justement à être au plus près de ce que j’ai vu.
Prenez seulement le temps de regarder, ça se passe pour de vrai, ici et maintenant.

http://www.louchaussalet.com/

Maurice Coussirat – « EX-SITU ou Une Petite Histoire des Arts »

©Maurice Coussirat – « EX-SITU ou Une Petite Histoire des Arts »

La série comporte actuellement 19 images qui sont les photographies d’oeuvres que j’ai réalisées dans le cadre de résidences, en France ou à l’étranger (Espagne, Estonie, Ecosse).
Certaines réalisations ont nécessité jusqu’à plusieurs années, d’autres se sont concrétisées dans une quasi immédiateté.

À la réflexion, je ne suis pas certain que ce que je viens de vous dire soit tout à fait exact.
Peut-être s’agit-il d’une fiction d’artiste ?
Peut-être s’agit-il d’un regard sur le paysage sous influence de l’Histoire des Arts, ou bien d’un voyage à rebours de la démarche du land-art ?
Je vous laisse juge de ma possible confusion bien que…:

« Toute photographie est une fiction qui se prétend véritable »

Fontcuberta, Le baiser de Judas – Photographies et vérité, Arles Actes Sud 2005

Vit et travaille à Bègles, après trente ans d’enseignement de la photographie et du cinéma du réel en école d’art.

www.coussirat.net/

Vincent Monthier – Latences

©Vincent Monthier – Latences

Vit et travaille à Bordeaux. Sa photographie interroge la notion de paysage. Ses travaux s’attachent à explorer les limites de territoires infimes, en y capturant des rencontres, des dialogues improbables. En laissant des traces d’incertitudes, il nous propose des sentiers à parcourir.
Après l’attrait de la matière argentique, il s’immerge dans les pigments de l’impression jet d’encre. Avec cette nouvelle palette il effleure alors de légers glissements de lumières.
Dans la série « Latences », présentée, la clarté des cieux se glisse sous les frondaisons pour nous faire goûter à un nuage de soupe primitive. De ces lumières émergent, comme dans une photosynthèse, de fugaces nuances.

http://vincent-monthiers.fr/

INFOS

Les mercredis photographiques #42
29 mai 2019 de 18h00 à 22h30
Sup De Pub – Quai des Marques, Hangar 18 à Bordeaux (entrée côté rue)
Entrée libre
ⓉTRAM B : Arrêt Les Hangars

Comme à chaque édition, une buvette payante est à disposition, prévoyez de la monnaie.

Organisé par l’Asso Cdanslaboite
Vous pourrez, si vous le souhaitez, commencer ou renouveler votre adhésion à l’association.
http:// www.cdanslaboite.com
www.facebook.com/LesMercredisPhotographiques

Exposition Julien Thore, Portraits de famille

Du jeudi 15 novembre au samedi 15 décembre 2018
Rencontre avec Julien Thore le samedi  15 décembre 2018 à 11h
Bibliothèque de Bordeaux Bacalan
Bibliothèque Bacalan – 196 rue Achard – 33300 Bordeaux
Entrée libre

© julien thore

Visiblement Julien Thore veille au grain, et a trouve avec la chambre photographique un dispositif qui lui convient. Vorace, il croque ici en bon cannibale une série de portraits parodiques d’une étrange tribu, autant d’effractions inattendues au coeur même du réel le plus trivial : la photo de famille.
Comme a son habitude, il déclenche sans pitié, sans distinguer ce qui est beau et ce qui ne pourra jamais l’être. La rigueur technique admirablement contrôlée offre un contrepoint judicieux a la furie poétique des images.
Puissamment maintenus dans le cadre par la solennité du noir et blanc, les modèles prives de contexte donnent a voir un ensemble au charme énigmatique, inopiné, inexpliqué.
Mais il faut se hisser au-dessus de l’apparence rassurante d’un travail fantaisiste de petits arrangements comiques avec le concret. Car ici aucun visage ne survit pas a la griffe, et au final c’est un effrayant tableau de chasse, qui souligne l’imposture familiale.
Ce cortège de phobies et d’obsessions crues désigné l’absurdité du mythe de la famille unie. Ces déraillements insolites dénoncent la célébration du faux-semblant, et exorcisent le fantasme refoule de la famille heureuse.
Ou l’on se rappelle qu’un portrait compte toujours une part d’illusion mensongère. Et ou l’on doit accepter que la beauté barbare de la photographie conjure souvent notre hantise de la vieillesse comme de la mort.

 

Bibliothèque Bacalan – 196 rue Achard – 33300 Bordeaux
Horaires :
Mardi de 10h à 12h et de 14h à 18h
Mercredi de 10h à 18h
Jeudi de 14h à 18h
Vendredi de 14h à 18h
Samedi de 10h à 18h
bibliotheque.bordeaux.fr

Exposition « Un peu plus que la vie » d’Olivier Deck à la librairie l’Ascenseur Végétal

Exposition photographique 
« Un peu plus que la vie » Olivier Deck

 

Du mardi 13 Novembre au mercredi 12 décembre 2018
Vernissage le mardi 20 novembre de 18h à 21h
En présence de l’artiste
Présentation de l’exposition et du livre (Editions Contrejour, 2017).

L’Ascenseur Végétal
20 Rue Bouquière – 33000/Bordeaux
Entrée libre
https://www.facebook.com/events/176919136545020/

© Olivier Deck – Un peu plus que la vie

« Un peu plus que la vie » est une méditation poétique sur l’enfance et le paysage (plus particulièrement l’univers de la forêt landaise). Trente-trois images en noir et blanc, accompagnées d’un texte, évoquent le lien de l’enfance avec la nature. L’auteur, qui parcourt sans relâche les Landes depuis 20 ans, a photographié la forêt, jusque dans son intimité, ses matières, ses brumes. Il a dans le même temps réalisé des portraits d’enfants, qui viennent rythmer les paysages, faisant apparaître des résonances entre les êtres et les choses. Une nouvelle inédite « Icare à l’envers », venant à la suite des images, évoque sa propre enfance dans le sud-ouest, au plus près des arbres, des ruisseaux, des saisons… irriguée par la force primordiale qui monte du coeur de la nature et parcourt les êtres et le choses. Au-delà des considérations personnelles, Olivier Deck trouve dans son quotidien, chez lui et dans son paysage familier, la matière première qui lui permet d’exprimer l’universel : l’enfance, la nature, la solitude …

Le photographe franco-slovène Klavdij Sluban, qui a reçu les prix Niépce, Oscar Barnack, et de l’Académie des Beaux Arts pour son oeuvre sur le Japon, a accompagné Olivier Deck pendant quatre ans, apportant son expertise dans l’orientation du travail et la sélection extrêmement rigoureuse des images afin d’élaborer une écriture photographique cohérente et singulière.

PRESENTATION DE L’EDITEUR

De 1975 à 1995, en deux décennies, et plus de 170 livres publiés, les éditions Contrejour fondées par Claude Nori marquèrent la photographie Française et européenne en contribuant à faire émerger une nouvelle génération de photographes, à redonner une place privilégiée aux maîtres oubliés et à ouvrir enfin une réflexion critique sur la photographie.

En 2011, les nouvelles éditions Contrejour reparaissaient dans un paysage éditorial totalement différent, concurrentiel, international où l’image est largement institutionnalisée et médiatisée à travers le marché de l’art, les expositions et les festivals.

Dirigées depuis Biarritz par Isabelle et Claude Nori, elles s’attachent à offrir un environnement privilégié et un cadre créatif aux auteurs, à leur proposer des outils techniques et d’impressions de grande qualité. 

Parmi les auteurs publiés, on compte Ralph Gibson, Arthur Tress, Mario Giacomelli, Sebastiao Salgado, Franck Landron, Jean Dieuzaide, Jeanloup Sieff, Franco Fontana, Flore….

Site internet :www.editions-contrejour.com

PRESENTATION DE L’AUTEUR

Olivier Deck est natif du sud-ouest (Orthez, 1962) et vit dans les Landes depuis 1995. Artiste au multiples talents, il a connu une carrière de peintre avant de se consacrer à l’écriture, pour publier une trentaine de livres : romans (Albin Michel), nouvelles (Verdier), poésie (Cairn), plusieurs fois primés (Prix Hemingway, Prix de l’Académie d’Occitanie, Prix Chronos de littérature…) Il est lauréat de l’Académie Charles Cros pour son travail sur la poésie de Bernard Manciet (aidé par le département des Landes). Il pratique la photographie depuis son enfance. Au début des années 2010, il décide d’en faire un mode d’expression privilégié, à coté de l’écriture. Le photographe Klavdij Sluban (Prix Niépce, Prix Leica Oscar Barnack, Prix de l’Académie des Beaux Arts) repère son travail et décide de le soutenir. En 2017, il publie son premier livre de photographie aux prestigieuses éditions Contrejour, dirigée par Claude Nori.

http://www.olivierdeck.fr/